lundi 18 juillet 2011

Clarksdale Moan - Dewittville Blues

Dewittville Blues, voici le titre du premier album (2011) de Clarksdale Moan, duo formé de Kevin Harvey (voix et harmonica) et de Kenny Pauzé (guitare et slide). Du Mississippi Delta Blues à son meilleurs, avec des compositions originales et des reprises pour le moins énergiques de Muddy Waters, Charley Patton, Junior Parker et bien d’autres encore. Ils se sont également entourés pour ce premier opus de Terry Joe « Banjo » au banjo, vous l’aurez deviné, ainsi que de Danny Bloom à l’harmonica.

Dewittville, petite localité à l’ouest de la Rive-Sud de Montréal, petit point régional sur la carte géographique qui abrite pourtant nombre de musiciens locaux en folk, blues, bluegrass et trad (il faut entendre les Châteauguay Valley Fiddlers) d’un talent absolument incroyable. Je me sens privilégiée d’habiter cette région qui me console de mon éloignement de Lanaudière, un sol de musique exceptionnel. Ces deux régions sont en quelque sorte apparentées par la diversité des paysages, mais de mon point de vue, par la qualité des musiciens qui y habitent et s’y présentent, parfois en salle, parfois dans de petits bouis-bouis sans prétention où les rencontres humaines et culturelles sont toujours riches.

Clarksdale Moan, disions-nous ? Un duo impressionnant d’authenticité. Mais comment peut-on autant remplir une salle ou l’espace extérieur d’un festival avec seulement deux personnes sur scène ? D’abord Kevin Harvey, qui possède une voix très très puissante (j’insiste). Le blues, il en fait son affaire, manifestement habité par lui depuis un bon bout de temps. Il faut, pour chanter justement le blues, des dispositions particulières, un état d’esprit, une compréhension de ses racines. Les textes de blues sont parfois moins jojo. Il faut savoir les raconter. Kevin Harvey possède aussi cette connaissance intime du blues, ce « feel » qui prend sa source dans les tripes. Kevin Harvey « sait » chanter du blues.

Kenny Pauzé fait littéralement corps avec le dobro et le slide. Il a une maîtrise de l’instrument qui le situe dans les ligues majeures. Il surfe très habilement entre le lead et l’accompagnement, toujours présent pour appuyer la voix, mais il négocie des virages fabuleux à deux cents à l’heure par moments avec le slide et… demeure invariablement en piste.

Amateurs de blues, il vous faut « Dewittville Blues ». Site web de Clarksdale Moan sur Reverbnation : http://www.reverbnation.com/clarksdalemoan

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